Enfin, un article sur la procrastination!

« Il ne faut pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire le surlendemain. »
Mark Twain

Nous faisons tous de la procrastination de temps à autre. Cependant, avec tous ces jouets qui exigent notre attention comme les téléphones intelligents, la télévision , les jeux vidéo, etc., nombre d’entre nous constatent qu’il est de plus en plus difficile de résister à l’envie de ne rien faire.

Même si la procrastination occasionnelle est inoffensive en soi, le fait de se traîner les pieds constamment peut affecter votre qualité de vie, votre travail et même votre santé. Une étude effectuée récemment par l’Université Carleton a montré que les étudiants procrastinateurs étaient plus affectés par la grippe, le rhume, l’insomnie et les troubles gastriques que ceux qui n’attendaient pas à la dernière minute pour terminer leurs travaux.

 

Remettre au lendemain : le fond du problème

La plupart des études sur la procrastination montrent que reporter une tâche ou l’éviter n’a rien à voir avec la gestion du temps. Plusieurs raisons peuvent nous inciter à repousser le début d’un projet ou d’une activité. Si vous voulez cesser de vous traîner les pieds, commencez par vous demander pourquoi vous opposez cette résistance. Posez-vous les questions suivantes :

 

Ai-je trop de travail? Parfois le seul fait de penser à la montagne de travail qui vous attend suffit à vous figer sur place : vous vous sentez pour ainsi dire écrasé sous le poids et ne savez par où commencer.

 

Suis-je en désaccord avec cette tâche? Si vous pensez que l’on vous demande de faire une chose qui va à l’encontre de vos valeurs fondamentales ou de vos croyances, vous pouvez être tenté de composer avec ce conflit en ne faisant rien du tout. C’est particulièrement vrai si vous estimez qu’il n’existe aucun moyen de résoudre le problème ouvertement ou sans confrontation.

 

Cette tâche m’intéresse-t-elle? On vous a peut-être demandé de faire une analyse statistique, et vous détestez les chiffres. Si cette tâche vous rebute vraiment, vous devrez vous faire violence et l’accomplir. Lorsque vous travaillez en équipe, choisissez si vous le pouvez la partie du projet qui vous intéresse le plus. Et même si ça ne vous intéresse pas, dites-vous qu’au final vous apprendrez quelque chose; cela vous aidera à vous motiver.

 

Est-ce que je me sens compétent?Le fait de vous sentir débordé ou incompétent pourrait vous inciter à abandonner une tâche ou, tout au moins, à ralentir vos efforts. Que ce soit réel ou imaginaire, vous pouvez aussi craindre d’être sévèrement jugé. Des pensées telles que « je ne suis pas assez bon » ou « je ne peux même pas faire ce petit travail, je suis tellement inutile » peuvent aggraver votre inaction.

 

Est-ce que je vise la perfection? Cherchez un peu. Vous risquez de découvrir que vous pensez vraiment qu’un travail qui ne peut être parfait ne vaut même pas la peine qu’on s’y attelle.

 

Ai-je peur d’échouer? Les gens qui tardent à accomplir une tâche craignent parfois de ne pas obtenir la reconnaissance qu’ils espèrent. Nombre de gens ont adopté comme devise « qui ne fait rien ne risque rien ».

 

Ai-je peur de réussir? Vais-je pouvoir rester à la hauteur? Que va-t-il se passer si j’atteins mon but ultime et que je suis malheureux? L’envers de l’échec, c’est la réussite. En fait, les facteurs d’échec et de réussite vont de pair : ils découlent de la peur de l’inconnu.

Qu’est-ce qui favorise la procrastination?

La procrastination vous prive de temps et peut vous empêcher de réaliser votre plein potentiel. En comprenant ce qui vous arrête ou vous fait perdre du temps, vous serez en mesure de mieux gérer ce problème. Voici quelques-uns des principaux agents de procrastination.

 

L’Internet. Ceux qui prétendaient que l’Internet permettrait aux étudiants et aux travailleurs d’économiser énormément de temps n’avaient pas pensé aux heures gaspillées à explorer, clavarder et jouer en ligne. Selon l’étude de l’Université Carleton, les 47 pour cent du temps passé en ligne ont pour but de retarder l’exécution d’une tâche. Il n’y a pas de doute, l’Internet est en voie de devenir un outil de procrastination des plus populaires.

 

La télévision. La télévision offre non seulement une occasion de s’évader dans un monde imaginaire, elle permet aussi de repousser des responsabilités plus importantes.

 

Le téléphone. Ce besoin soudain de téléphoner à un vieil ami perdu de vue depuis longtemps peut avoir une signification plus profonde, surtout si vous devez respecter un échéancier particulièrement serré. Même si vous travaillez très dur, votre mission est claire : éviter de terminer cette tâche urgente.

 

Le ménage. Oui, le ménage. Les personnes qui excellent dans l’art de remettre au lendemain ou qui remplacent une tâche importante par une autre ont une prédilection pour le ménage. Le ménage et le rangement ne sont pas de mauvaises choses en soi : il n’y a rien de tel pour se sentir organisé et en contrôle. Cependant, quand le ménage passe avant des tâches essentielles, c’est une preuve évidente de procrastination.

 

Remettre la procrastination à plus tard

Lorsque vous aurez découvert la raison de votre résistance, vous pourrez agir.

 

Fractionnez votre tâche. Plutôt que de vous sentir dépasser par l’ampleur de la tâche, concentrez-vous sur chacun de ses éléments, et réalisez-la par petites étapes. En vous fixant des objectifs plus petits et plus réalistes, vous aurez l’impression d’avoir accompli quelque chose et vous serez content de passer à l’étape suivante. Apprenez à penser à une plus petite échelle et vous éviterez le piège de la procrastination.

 

Perfectionnez l’art de l’imperfection. Acceptez l’idée que personne n’est parfait – même pas vous. Voyez les erreurs comme des occasions d’apprentissage et souvenez-vous que certaines des plus grandes découvertes ont été le résultat d’accidents ou d’erreurs.

 

Récompensez-vous d’avoir bien travaillé. Vous pourriez vous faire plaisir en vous offrant un café au lait, une soirée en ville avec des amis ou un souper à votre restaurant préféré.

 

Connaissez vos faiblesses. Que ce soit l’Internet, la télévision ou le rangement de votre garde-robe, il est important d’identifier votre moyen de procrastination préféré. Pouvez-vous vraiment explorer l’Internet pendant cinq minutes? Passer uniquement 30 minutes à regarder une comédie? Si la réponse est « non », prenez-vous en main et évitez ces distractions tant que vous n’aurez pas terminé vos tâches de la journée.

 

Faites la sourde oreille à votre petit côté négatif. Même si vous avez vécu longtemps avec cet aspect négatif de votre personnalité, il est temps d’adopter une attitude plus optimiste. Reformulez votre dialogue intérieur et rendez-le positif. Remplacez « c’est impossible! » par « comment puis-je m’y prendre? » Ou encore, « ce projet est énorme » par « où pourrais-je commencer? » Il n’est pas toujours facile de trouver l’aspect positif d’une situation, mais, avec un peu de pratique, cela deviendra une seconde nature.

 

Prenez des risques. Que peut-il vous arriver de pire et de mieux si vous atteignez votre but ultime? Il y a lieu de croire que vous avez accordé trop d’importance à votre crainte de l’échec ou de la réussite.

 

Donnez-vous du temps. Les échéanciers peu réalistes sont très souvent à l’origine de la procrastination. Analysez soigneusement chaque tâche, déterminez-en la durée de façon réaliste et persévérez dans la réalisation de vos « minis » objectifs quotidiens.

 

Souvenez-vous de vos réussites antérieures. Remémorez-vous des moments de votre vie où votre énergie et vos efforts ont porté leurs fruits. Vous contribuerez ainsi à faire taire vos pensées négatives et vous y trouverez une source d’énergie nouvelle.

À la veille d’une nouvelle aventure et compte tenu des possibilités, des défis et des réussites qui pointent à l’horizon, prenez la résolution de vous défaire de votre tendance à la procrastination ou au moins, de la réduire considérablement. Alors, qu’attendez-vous?